
Vivre à Bora Bora : ce que la carte postale ne dit pas
Mis à jour le 21 septembre 2026
Vivre à Bora Bora, c'est habiter une commune de 10 758 habitants qui vit de l'hôtellerie de luxe. On y trouve un collège-lycée, un centre médical, des banques et des supermarchés. Il n'y a pas d'hôpital, et presque aucun logement à louer en agence. En 2026, l'hôtellerie traverse en plus une année de fermetures et de travaux. Voici ce qu'il faut savoir avant de s'y installer, chiffres vérifiés à l'appui.
Vivre à Bora Bora en chiffres
| Habitants (recensement 2022) | 10 758 : Nunue 5 541, Faanui 3 312, Anau 1 905 |
|---|---|
| Distance de Tahiti | 259 km, 50 min de vol |
| Ferry depuis Papeete | Apetahi Express, 7 000 XPF l'aller (≈ 59 €), 6 à 7 h |
| Collège et lycée | Sur l'île depuis 2018 (Amanahune), avec internat |
| Santé | Centre médical de Vaitape, pas d'hôpital : évacuation vers Tahiti |
| Emploi dominant | Hôtellerie-restauration, la moitié des actifs |
| Location en agence | Aucune annonce chez les deux grandes agences le 21/09/2026 |
Population municipale selon les chiffres légaux de l'ISPF. Conversion à la parité fixe de 119,33 XPF pour 1 €.
Où habiter : Vaitape, Faanui ou Anau
L'île principale fait une trentaine de kilomètres de tour, et la commune se découpe en trois communes associées. Nunue, la plus peuplée avec 5 541 habitants, comprend Vaitape, le bourg : quai des navettes, mairie, poste, banques, supermarchés et centre médical. C'est là qu'on vit sans dépendre de la voiture pour chaque course. Le collège-lycée se trouve à Amanahune, avec une pharmacie à côté.
Faanui (3 312 habitants), au nord-ouest autour de sa baie, est plus résidentielle et plus calme. Anau (1 905 habitants), sur la côte est, est la plus petite et la plus éloignée des services. La pointe Matira, au sud, concentre les pensions et les hôtels de l'île principale, donc les locations touristiques plutôt que les baux à l'année.

Se loger à Bora Bora : un marché sans vitrine
Le logement est la première difficulté, et elle se mesure. Le 21 septembre 2026, les deux agences qui publient le plus de locations en Polynésie, Thisse et Aito Immobilier, n'avaient aucune offre à Bora Bora. Les biens circulent dans les groupes Facebook de l'île et de bouche à oreille. Les rares annonces vues le même mois donnent un ordre de grandeur : un F2 meublé de 45 m² derrière la gendarmerie de Vaitape à 105 000 XPF par mois (≈ 880 €), un studio en sous-location à Amanahune à 110 000 XPF charges comprises.
C'est plus cher qu'un studio à Punaauia, qui se loue autour de 95 000 XPF, pour une offre beaucoup plus mince. La raison est connue : le foncier en bord de lagon sert d'abord à l'hébergement touristique, et chaque meublé loué à la nuit est un logement de moins pour les résidents. Dans la pratique, beaucoup de salariés des hôtels sont logés par leur employeur ou arrivent avec un contact sur place. Les loyers des autres îles sont comparés sur notre page louer un logement en Polynésie.
Chercher depuis la métropole ne marche presque jamais. Il faut venir, visiter, se faire connaître. Pour cette semaine de repérage, une pension de Vaitape ou d'Anau coûte une fraction d'un resort et vous place au milieu des résidents.
Hotels.comUne semaine de repérage à Vaitape
Visiter des logements à Bora Bora se fait sur place, jamais à distance. Une pension côté Vaitape ou Anau coûte une fraction d'un resort et vous met au milieu des résidents.
- Pension de famille150 à 400 €Vaitape, Anau, Matira
- Chambre de resort500 à 900 €la nuit
- Bungalow sur pilotisdès 450 €la nuit
Prix indicatifs, constatés chez les prestataires locaux. Lien partenaire : commission possible, sans surcoût pour vous.
Travailler à Bora Bora : l'hôtellerie d'abord
Selon l'Insee, la moitié des actifs de Bora Bora travaillaient dans l'hôtellerie-restauration, soit environ 1 800 emplois. Le chiffre date de 2012, mais la structure n'a pas changé : quand un grand hôtel ferme, c'est toute l'île qui le sent. Et 2026 en a donné la démonstration.
- L'InterContinental Thalasso, qui employait environ 150 personnes en 2023, a fermé le 1er juin 2026. Il rouvrira fin 2027 sous l'enseigne Regent, avec 84 villas sur pilotis (TNTV).
- Le Conrad a fermé complètement du 19 janvier au 1er avril 2026, puis a poursuivi ses travaux jusqu'à fin juin.
- Les deux Sofitel de l'île sont fermés, et Polynésie la 1ère a décrit en janvier 2026 une baisse record de fréquentation.
Le reste de l'emploi se partage entre la commune, l'éducation, la santé, le commerce et les prestataires nautiques. Pour un poste qualifié, la priorité à l'emploi local joue comme ailleurs en Polynésie. Le conseil vaut plus ici qu'à Tahiti : signez le contrat avant le billet d'avion, et demandez si le logement est compris.
Écoles : le lycée est sur l'île depuis 2018
Une idée reçue tenace veut que les adolescents de Bora Bora partent à Raiatea. C'est faux depuis septembre 2018 et l'ouverture du lycée polyvalent Ihi Tea No Vavau, à Amanahune. L'établissement a coûté 3 milliards XPF. Il réunit le collège, le lycée général et des filières professionnelles, avec deux internats de 48 lits et un restaurant d'application. Il comptait 850 élèves à son ouverture. Pour une filière qu'il ne propose pas, l'internat du lycée d'Uturoa, à Raiatea, accueille des élèves de Bora Bora. Les écoles primaires sont réparties entre les trois quartiers, dont celle de Namaha, près de Vaitape. Les inscriptions sont détaillées sur notre page scolarisation en Polynésie.
Santé : un centre médical, pas d'hôpital
Le centre médical de Bora Bora, à Vaitape, dépend de la Direction de la santé. Il est ouvert du lundi au jeudi de 7 h 30 à 15 h 30 et le vendredi jusqu'à 14 h 30, avec un centre dentaire devant l'école de Namaha (fiche de la DSP). Cinq médecins libéraux et deux pharmacies, à Vaitape et à Amanahune, complètent l'offre. Elle reste fragile : du 31 août au 11 septembre 2026, un seul médecin assurait les consultations du centre.
Pour une hospitalisation, une échographie spécialisée ou un accouchement, il faut aller à l'hôpital d'Uturoa (Raiatea) ou au Centre hospitalier du Taaone, à Tahiti. Une urgence grave part en évacuation sanitaire. Le fonctionnement de la CPS et les tarifs hospitaliers sont sur notre page santé en Polynésie.
Ce qui coûte cher, c'est le trou de couverture entre l'arrivée et l'ouverture des droits CPS. Sans droits, une journée d'hospitalisation en médecine est facturée 355 680 XPF au Taaone. Sur une île sans hôpital, une assurance privée pour les premiers mois n'est pas un luxe :
Jusqu'à douze mois et 85 ans, COM assimilées à l'étranger : la couverture la plus simple pour les mois qui précèdent vos droits CPS. 259 € pour 90 jours, 799 € pour un an.
Devis Mondial CareJusqu'à douze mois, souscription possible après l'arrivée (8 jours de carence), soins de 150 000 à 500 000 €. 750 € l'année à 35 ans. Réservé aux moins de 66 ans.
Devis ACSVraie assurance santé internationale, 1,5 M US$ par an, souscrite par une entreprise ou un indépendant (équipe de 1 à 4). Dès 162 US$ par mois à 35 ans, 666 US$ après 60 ans.
Voir Remote HealthFrais réels illimités la première année, de 3 à 12 mois, avant 65 ans. Mais il exige un visa de travail et exclut les nationaux : il vise un Européen non français, pas un Français.
Voir les conditionsLiens partenaires : si vous réservez via ces liens, nous pouvons percevoir une commission, sans surcoût pour vous.
Se déplacer : avion, navette et ferry
L'avion reste le lien avec Tahiti : 50 minutes de vol, plusieurs rotations par jour chez Air Tahiti, et Air Moana sur la même ligne (franchises et pass comparés sur notre page Air Tahiti et Air Moana). L'aéroport est sur le motu Mute. La navette Air Moana vers le quai de Vaitape est gratuite, met un quart d'heure et part 1 h 15 avant le vol. Celle d'Air Tahiti part 1 h 30 avant.
Le ferry Apetahi Express relie Papeete à Bora Bora en six à sept heures, via Huahine, Raiatea et Taha'a, pour 7 000 XPF l'aller avec 23 kg en soute (tarifs Tuatea Ferries). Pour un résident qui rentre avec des courses de Tahiti, c'est l'option la moins chère. Attention aux arrêts techniques : aucune traversée du 22 au 28 septembre 2026. Horaires et conseils sur notre page Apetahi Express. Le fret lourd, lui, arrive par les cargos Taporo 6 et Hawaiki Nui 2.
Eau, déchets, internet : l'envers d'une petite île
- L'eau vient de 16 forages et de trois usines de dessalement qui produisent 3 000 m³ par jour. Bora Bora est aussi la seule commune du pays assainie jusque sur les motu. Un nouveau captage sur le motu Tevairoa a été inauguré en septembre 2026, et les coupures pour travaux restent fréquentes.
- Les déchets posent un vrai problème : le centre d'enfouissement arrive à saturation fin 2026, et 700 carcasses de voitures attendent sur 4 000 m². Un projet de pyrolyseur à 700 millions XPF est à l'étude.
- Internet arrive par le câble sous-marin : Bora Bora a sa branche du câble international Manatua, en plus du câble domestique Honotua. La fibre de l'OPT y est proposée sur éligibilité, adresse par adresse.
- Les courses se font à Vaitape (Chin Lee, Super U Toa Amok, plus des supérettes), la poste ouvre du lundi au jeudi de 7 h 15 à 15 h 15, et Socredo, la Banque de Polynésie et la Banque de Tahiti y ont une agence. Les prix suivent ceux de Tahiti, plus le fret : voyez notre page coût de la vie en Polynésie.
Vivre à Bora Bora, c'est aussi recevoir. Les proches de passage voudront le tour du lagon et la sortie avec les raies : autant savoir ce que ça coûte.
GetYourGuideL'île que découvrent vos visiteurs
Vivre à Bora Bora, c'est aussi recevoir : le tour du lagon et la sortie raies sont ce que demandent tous les proches de passage.
- Tour du lagon avec déjeuner sur un motudès 85 €Journée
- Snorkeling raies et requinsdès 60 €3 à 4 h
- Excursion 4x4 dans les hauteursdès 50 €3 à 4 h
Prix indicatifs par personne, constatés chez les opérateurs locaux. Lien partenaire : commission possible, sans surcoût pour vous.
Avantages et inconvénients de la vie à Bora Bora
Les plus
- Le lagon au quotidien, pas seulement en vacances
- Collège et lycée sur l'île, avec internat
- Des emplois hôteliers pour les profils du tourisme
- Plusieurs vols par jour vers Tahiti
- Un bourg, Vaitape, où tout se fait à pied
Les moins
- Presque aucune location visible en agence
- Une économie suspendue aux hôtels, en travaux en 2026
- Pas d'hôpital : Raiatea ou Tahiti pour être soigné
- Un centre médical souvent en effectif réduit
- Des déchets qui débordent, des coupures d'eau
Si le lagon vous attire plus que Bora Bora elle-même, deux alternatives existent. Raiatea offre un hôpital, un lycée et des loyers moins tendus à un saut d'avion, voyez vivre à Raiatea, Tahaa et Huahine. Et Moorea permet de travailler à Papeete, voyez vivre à Moorea. Pour visiter plutôt que s'installer, notre guide de voyage à Bora Bora est fait pour vous.
Vivre à Bora Bora : questions fréquentes
Peut-on vivre à Bora Bora à l'année ?
Oui, 10 758 personnes y vivaient au recensement de 2022, réparties entre Nunue (où se trouve Vaitape), Faanui et Anau. L'île a un collège-lycée, un centre médical, une poste, des banques et plusieurs supermarchés. Ce qui manque, c'est un marché locatif visible et un hôpital : les urgences graves partent en évacuation sanitaire vers Tahiti.
Comment trouver un logement à Bora Bora ?
Sur place et par le bouche-à-oreille. Le 21 septembre 2026, ni Thisse ni Aito Immobilier, les deux agences qui publient le plus de locations en Polynésie, n'avaient une seule offre à Bora Bora. Les annonces passent par les groupes Facebook de l'île, par exemple un F2 meublé de 45 m² à Vaitape à 105 000 XPF par mois. La plupart des nouveaux arrivants sont logés par leur employeur ou arrivent avec un contact.
Y a-t-il un lycée à Bora Bora ?
Oui. Le lycée polyvalent Ihi Tea No Vavau, à Amanahune, a ouvert en 2018. Il regroupe collège, lycée général et filières professionnelles, avec deux internats de 48 lits. Les élèves qui choisissent une filière absente de l'île peuvent être accueillis à l'internat du lycée d'Uturoa, à Raiatea.
Y a-t-il un hôpital à Bora Bora ?
Non. Bora Bora a un centre médical public à Vaitape, ouvert du lundi au jeudi de 7 h 30 à 15 h 30 et le vendredi jusqu'à 14 h 30, cinq médecins libéraux et deux pharmacies. L'hôpital le plus proche est celui d'Uturoa, à Raiatea. Les cas graves sont évacués vers le Centre hospitalier du Taaone, à Tahiti.
Quel travail trouver à Bora Bora ?
Surtout dans l'hôtellerie et la restauration, qui occupaient la moitié des actifs de l'île au dernier décompte de l'Insee. 2026 est une année creuse : l'InterContinental Thalasso a fermé le 1er juin pour rouvrir fin 2027 sous l'enseigne Regent, et le Conrad a fermé plusieurs mois pour travaux. Le reste de l'emploi se partage entre la commune, l'école, la santé, le commerce et les prestataires nautiques.
Comment se rendre de Tahiti à Bora Bora quand on y vit ?
En avion, 50 minutes depuis Faa'a, avec plusieurs vols par jour chez Air Tahiti et Air Moana. L'aéroport est sur le motu Mute : une navette bateau gratuite rejoint le quai de Vaitape en un quart d'heure. Le ferry Apetahi Express coûte 7 000 XPF l'aller, trois à cinq fois moins que l'avion, mais il met six à sept heures et ne passe que trois fois par semaine.