Piétonne sur une route d'île haute bordée de végétation et de poteaux électriques, en Polynésie

Assurance santé internationale en Polynésie : pour qui, pour quoi

Une assurance santé internationale en Polynésie n'a pas le même rôle qu'à Bangkok ou à Montréal. S'installer à Tahiti, ce n'est pas partir à l'étranger : dès que vous êtes salarié sur place, la CPS, la sécurité sociale polynésienne, vous couvre, hospitalisation et évasan comprises. L'assurance privée sert à tenir les premières semaines, à couvrir un conjoint sans droits ou un télétravailleur, et c'est là qu'il faut choisir juste.

Tarifs relevés le 21 septembre 2026, conditions vérifiées le 5 octobre 2026.

Qui a besoin de quoi, selon votre situation

Tout dépend de votre statut en arrivant. Le tableau reprend les règles de la fiche du Cleiss sur le régime polynésien, mise à jour en 2026.

Vous êtesVotre régimeOuverture des droitsCe que l'assurance privée couvre
Salarié d'une entreprise polynésienneCPS, régime général des salariés (RGS)Dès 80 h de travail par mois, ou un salaire au moins égal au SMIGLes semaines entre l'arrivée et le premier mois travaillé, puis le reste à charge
Indépendant, profession libéraleCPS, régime des non-salariés (RNS)Après plus de 6 mois de résidence, selon le Cleiss : faites-le confirmer par la CPSLes six premiers mois, puis une complémentaire
Conjoint sans activitéAyant droit du conjoint salarié, sinon RSPFRSPF seulement après 6 mois de résidence et sous plafond de revenusIndispensable si le conjoint n'est pas ayant droit
Retraité du régime françaisCPS via le formulaire 980-06Dès que la CPS a enregistré le formulaireLe délai d'enregistrement, et l'hospitalisation en métropole
Salarié détaché par un employeur de métropoleRégime de métropole maintenu (3 ans, renouvelable 3 ans)Dès l'arrivée, famille qui vit avec lui comprise, avec les formulaires 980-01 et 980-04Rien d'obligatoire : la mutuelle de métropole continue
Télétravailleur ou nomade sans employeur localFlou : la CPAM renvoie vers la CPS, qui peut refuserPas d'assurance maladie volontaire à la CPSTout : c'est souvent votre seule couverture sur place

La dernière ligne est la plus mal comprise. Il n'existe pas d'assurance maladie volontaire à la CPS, et le régime de solidarité est réservé aux revenus modestes (moins de 87 346 XPF par mois pour une personne seule) après six mois de résidence. Pour le salarié d'une entreprise de métropole qui télétravaille depuis Tahiti sans être détaché, les deux caisses se renvoient le dossier : sur le forum de l'Assurance maladie, un conseiller explique en juillet 2025 qu'il doit s'affilier à la CPS, et l'assurée répond que la CPS a refusé parce que son employeur n'a aucun lien avec la Polynésie. La solution propre, c'est le détachement : le décret de coordination du 26 décembre 1994 maintient le salarié au régime de métropole jusqu'à trois ans, renouvelables trois ans, et couvre les ayants droit qui résident avec lui. À défaut, l'assurance privée n'est pas un complément, c'est la couverture.

Côté indépendants, la fiche du Cleiss sur les non-salariés pose une condition de plus de six mois de résidence pour relever du RNS. La réforme du 1er février 2026 a changé les cotisations ; demandez à la CPS si cette condition s'applique encore à votre cas. Un conjoint qui s'installe comme patenté doit donc prévoir jusqu'à six mois sans CPS.

Ce que la CPS rembourse, et ce qu'elle laisse

Une fois affilié, vous êtes bien couvert, et c'est ce qui rend inutile une assurance internationale haut de gamme pour un salarié qui reste sur le territoire.

  • Soins courants : 70 % du tarif de responsabilité, 30 % à votre charge, avec avance des frais sauf tiers payant. Le ticket modérateur augmente hors parcours de soins : le médecin traitant est obligatoire depuis 2018.
  • Hospitalisation, grossesse, arrêt de plus de 30 jours : 100 %.
  • Longue maladie : 95 % des consultations, 100 % des médicaments et de l'hospitalisation liés.
  • Évasan hors du territoire : 100 % en tiers payant vers la métropole ou la Nouvelle-Zélande, billet, hébergement et transferts compris, organisée par Europ Assistance Outre-mer.

Le reste à charge porte donc sur les consultations, la pharmacie, le dentaire et l'optique, pas sur l'hôpital. Les cotisations qui financent tout cela sont détaillées dans notre page cotisations CPS, et le fonctionnement des soins (médecins, cliniques, dispensaires des îles) dans se soigner en Polynésie.

Le trou d'air de l'arrivée

Entre la descente d'avion et le premier mois de travail déclaré, vous n'avez ni carte Vitale utilisable ni droits CPS. C'est la période où un accident coûte le plus cher : le CHPF facture alors le tarif « sans droits CPS », 2,4 fois celui d'un assuré.

Journée en médecine

355 680 XPF

2 981 €

Journée en chirurgie

567 840 XPF

4 759 €

Journée en réanimation

1 023 360 XPF

8 576 €

Prix de journée 2026 du CHPF, colonne « ressortissants étrangers ou résidents sans droits CPS », hors actes.

Le conjoint qui suit sans emploi est dans la même situation, parfois plus longtemps : le guide de la préfecture évoque une carence de six mois avant le régime de solidarité. Pour ces premiers mois, pas besoin d'une santé internationale à 150 € par mois : une assurance voyage longue durée, qui traite la Polynésie comme l'étranger, fait le travail.

Plage de sable et lagon bordés de cocotiers à TahitiMondial Care

Couvrir les mois qui précèdent vos droits CPS

Tant que vous n'êtes pas affilié à la CPS, un jour d'hospitalisation au CHPF vous est facturé au tarif « sans droits ». Mondial Care World Travel couvre jusqu'à douze mois, jusqu'à 85 ans, et assimile les COM à l'étranger.

  • 90 jours259 €
  • 12 mois799 €
  • Frais médicaux300 000 €franchise 50 €
Obtenir mon devis Mondial Care

Tarifs relevés le 21/09/2026 sur le simulateur de l'assureur, départ de France. Lien partenaire : commission possible, sans surcoût pour vous.

Les quatre assureurs comparés pour une installation

Deux assurances voyage longue durée, une vraie santé internationale, et un contrat expatrié qui, lu de près, ne vise pas les Français.

ContratPour quiPlafond35 ans60 ansLimite
Mondial Care World TravelToute nationalité, jusqu'à 12 mois300 000 €, franchise 50 €259 € / 90 j ; 799 € / anMême tarif au simulateurMoins de 85 ans
ACS Globe TravellerToute nationalité, jusqu'à 12 mois150 000 à 500 000 €, sans franchise750 € / an (62,50 €/mois)Même prix à 15 j ; annuel non relevéMoins de 66 ans ; exclut le pays de résidence habituelle
SafetyWing Remote HealthEntreprise ou indépendant, équipe de 1 à 41,5 M US$ par an162 US$ / mois (Standard)666 US$ / mois (60-74 ans)Souscription par une structure
Chapka Cap Tempo Expat1re année, visa de travail exigé, non-nationauxFrais réels, sans franchise1 026 € / an (≈ 85 €/mois)1 882 € / an (≈ 157 €/mois)Moins de 65 ans ; exclut les Français

Rapatriement aux frais réels chez Mondial Care, ACS et Chapka. Remote Health : prix de la formule Starter (1 à 4 personnes) en vigueur depuis février 2026.

Mondial Care et ACS sont des assurances voyage, pas des contrats santé à vie : elles couvrent l'accident et la maladie imprévue pendant douze mois au plus, pas le suivi d'un diabète ni une grossesse. C'est exactement ce qu'il faut pour la période d'attente, à deux réserves près.

Mondial Care écrit dans ses conditions générales que les DROM, les PTOM et les COM « sont assimilés à l'Étranger pour l'application de la garantie Frais médicaux », et définit le domicile comme le pays de résidence habituelle ou celui de la nationalité. Souscrivez avant le départ, avec votre adresse en métropole, et faites confirmer par écrit que le contrat couvre une installation.

ACS Globe Traveller se souscrit après l'arrivée, avec huit jours de carence. Mais sa notice (mise à jour en juillet 2026) exclut tout « pays de résidence habituelle », défini comme celui de votre domicile fiscal et légal. Une fois installé en Polynésie, ce domicile risque d'être au fenua : pour une installation, ACS est à réserver aux cas confirmés par écrit par l'assureur.

SafetyWing Remote Health est une vraie assurance santé internationale, avec 1,5 million de dollars de plafond annuel, pour le télétravailleur ou l'indépendant qui n'aura jamais de CPS. Il se souscrit au nom d'une structure, même d'une seule personne.

Chapka Cap Tempo Expat paie les frais réels sans franchise, mais sa fiche exclut les personnes qui ont la nationalité du pays d'expatriation et demande un visa de travail. Pour un Français à Tahiti, il ne colle pas ; pour un Belge ou un Suisse recruté par une entreprise locale, il reste une option.

Jusqu'à douze mois et 85 ans, COM assimilées à l'étranger : la couverture la plus simple pour les mois qui précèdent vos droits CPS. 259 € pour 90 jours, 799 € pour un an.

Devis Mondial Care
ACS-Logo BL FR

Jusqu'à douze mois, souscription possible après l'arrivée (8 jours de carence), 750 € l'année à 35 ans, moins de 66 ans. Exclut le pays de résidence habituelle (domicile fiscal) : pour une installation, faites confirmer par écrit.

Devis ACS

Vraie assurance santé internationale, 1,5 M US$ par an, souscrite par une entreprise ou un indépendant (équipe de 1 à 4). Dès 162 US$ par mois à 35 ans, 666 US$ après 60 ans.

Voir Remote Health

Frais réels illimités la première année, de 3 à 12 mois, avant 65 ans. Mais il exige un visa de travail et exclut les nationaux : il vise un Européen non français, pas un Français.

Voir les conditions

Liens partenaires : si vous souscrivez via ces liens, nous pouvons percevoir une commission, sans surcoût pour vous. Vérifiez votre éligibilité avant de payer.

Combien coûte une assurance santé pour s'installer

Pour couvrir trois mois d'attente avant l'affiliation CPS, comptez 259 € chez Mondial Care. Pour une année complète, 799 € chez Mondial Care à 35 ans (750 € chez ACS, sous la réserve de résidence ci-dessus). Une santé internationale au long cours coûte bien plus : 162 US$ par mois pour Remote Health en formule Standard, et 666 US$ après 60 ans.

L'âge fait toute la différence. Les assurances voyage longues comme Mondial Care n'ont pas modulé leur prix selon l'âge dans nos devis, alors que les vraies santés internationales le multiplient par quatre après 60 ans. D'où l'intérêt, pour un retraité, de passer par la CPS plutôt que par un contrat privé.

Pic volcanique et palmiers de Moorea, en Polynésie française
Moorea a son hôpital de proximité à Afareaitu ; tout ce qui demande un plateau technique part au CHPF, à Tahiti.

Retraités : le formulaire 980-06 plutôt qu'un contrat privé

Un retraité du régime français qui s'installe au fenua n'a pas besoin d'une santé internationale : il entre à la CPS grâce au formulaire 980-06. Selon le Cleiss, c'est la CNAV qui l'établit pour le régime général, et le centre de gestion des retraites de Rennes pour les pensions civiles et militaires. La caisse l'envoie en deux exemplaires à la CPS. Une cotisation maladie est alors prélevée : 3,2 % sur la pension de base, 4,2 % sur la complémentaire.

Deux limites à couvrir. Le délai entre l'arrivée et l'enregistrement du formulaire, et les séjours en métropole : une hospitalisation de plus d'un mois y demande un accord préalable, et le conjoint qui accompagne n'est pas couvert. La fiscalité des pensions, autre surprise, est traitée dans notre guide prendre sa retraite à Tahiti.

Complémentaire locale : réduire le reste à charge CPS

Une fois affilié, le reste à charge de 30 % sur les consultations et la pharmacie se couvre avec une complémentaire santé locale, souvent proposée par l'employeur. Les assureurs et courtiers de Papeete, dont la liste officielle est tenue par la DGAE, en vendent aussi en individuel. C'est moins cher qu'une santé internationale, et mieux calé sur les tarifs polynésiens.

L'assurance internationale ne se justifie ensuite que si vous voyagez beaucoup hors du territoire ou voulez vous faire soigner ailleurs qu'en Polynésie. Pour un simple aller-retour en vacances, une assurance voyage suffit, et pour le logement, voyez notre page assurance habitation à Tahiti, l'autre contrat de l'installation. Le calendrier complet du départ est dans déménager en Polynésie.

Contenu informatif, relevé le 21 septembre 2026. Les règles de la CPS, les garanties, les limites d'âge et les prix changent : vérifiez votre situation auprès de la CPS et lisez le contrat avant de souscrire. Ceci n'est pas un conseil personnalisé en assurance.

Assurance santé internationale : questions fréquentes

Quel est le prix moyen d'une assurance santé internationale pour la Polynésie ?

Pour un adulte de 35 ans, nos relevés du 21 septembre 2026 donnent 799 € l'année chez Mondial Care World Travel, 750 € chez ACS Globe Traveller (qui exclut le pays de résidence habituelle, à faire confirmer pour une installation), et 162 US$ par mois pour SafetyWing Remote Health. Après 60 ans, l'écart se creuse : Remote Health passe à 666 US$ par mois, alors que Mondial Care affiche le même prix quel que soit l'âge jusqu'à 84 ans.

La carte européenne d'assurance maladie est-elle valable en Polynésie française ?

Non. La CEAM ne couvre que l'Espace économique européen et la Suisse. La carte Vitale ne fonctionne pas non plus. Pour un séjour temporaire, votre CPAM délivre le formulaire 980-04 ; pour un retraité qui s'installe, c'est le 980-06. Un salarié, lui, relève directement de la CPS.

Faut-il une assurance santé internationale quand on cotise à la CPS ?

Pas pour les soins courants : la CPS rembourse 70 % des tarifs de responsabilité et 100 % de l'hospitalisation et des évasans vers la métropole ou la Nouvelle-Zélande. L'assurance privée sert à couvrir les semaines avant l'ouverture des droits, le conjoint qui n'est pas ayant droit, et les séjours hors de Polynésie. Pour le reste à charge, une complémentaire locale suffit.

La Caisse des Français de l'étranger (CFE) est-elle utile en Polynésie ?

Rarement. La CFE propose bien la Polynésie parmi les pays de résidence, mais dès que vous travaillez sur place, l'affiliation à la CPS est obligatoire et cotiser en plus à la CFE ferait doublon. Elle peut se discuter pour un conjoint sans activité avant ses six mois de résidence : comparez son prix avec celui d'une assurance privée.

Salarié d'une entreprise de métropole, comment être couvert à Tahiti ?

Par le détachement. Le décret n° 94-1146 du 26 décembre 1994 maintient le salarié détaché au régime de métropole pendant trois ans, renouvelables trois ans, et couvre les ayants droit qui résident avec lui ; la CPS sert les soins sur présentation des formulaires 980-01 et 980-04. Sans détachement, la situation d'un télétravailleur est mal tranchée entre la CPAM et la CPS : faites-la clarifier par le Cleiss avant le départ.

Un Français peut-il souscrire Chapka Cap Tempo Expat pour Tahiti ?

D'après la fiche du produit, non : le contrat exclut les personnes qui ont la nationalité du pays d'expatriation et exige un visa de travail. La Polynésie étant française, un Français n'y est pas expatrié au sens du contrat. Il vise plutôt un Belge, un Suisse ou un Allemand qui vient travailler au fenua.

Qui paie une évacuation sanitaire vers la France pour un résident ?

La CPS, à 100 % et en tiers payant, pour ses affiliés : soins, billet aller-retour, hébergement et transferts, vers la métropole ou la Nouvelle-Zélande, sur décision médicale. Un résident qui n'a pas encore ses droits CPS, ou un conjoint non couvert, doit compter sur son assurance privée.