
Mutation gendarme en Polynésie : durée de séjour, unités, solde et logement
Mis à jour le 21 septembre 2026
Une mutation de gendarme en Polynésie se fait pour trois ans, prolongeables jusqu'à sept, et seulement sur poste vacant. Les postes sont peu nombreux : le commandement local compte 427 personnels permanents pour tout le territoire, et 42 % d'entre eux sont originaires du fenua.
Voici les durées fixées par l'arrêté de 2024, les unités où l'on peut servir, les voies d'accès selon le statut, et ce que change la vie au fenua pour la solde et la famille. Le salaire des fonctionnaires civils, qui obéit à d'autres règles, est traité sur la page salaire des fonctionnaires en Polynésie.
Durée de séjour d'un gendarme en Polynésie
L'arrêté du 9 août 2024 fixe la durée maximale de séjour des sous-officiers de gendarmerie outre-mer. Elle est la même pour la Polynésie, la Nouvelle-Calédonie, les Antilles ou la Réunion.
| Situation | Séjour initial | Prolongations |
|---|---|---|
| Droit commun | 3 ans | Prolongations d'un an au plus, dans l'intérêt du service, sans dépasser 7 ans au total |
| Lien particulier reconnu | 6 ans | Une prolongation de 3 ans, puis 2 ans à titre exceptionnel : 11 ans au plus |
| À moins de 5 ans de la limite d'âge | variable | Prolongation possible de 5 ans si le service le permet |
Chaque prolongation dépend de l'intérêt du service, pas d'un droit. En pratique, on arrive pour trois ans et on apprend en cours de séjour si une quatrième année est possible. Les officiers suivent une gestion distincte, par la direction générale.
Où l'on sert : les unités du COMGEND
Le Commandement de la gendarmerie pour la Polynésie française (COMGEND) a son état-major à Papeete. D'après la page du haut-commissariat, la gendarmerie a la charge de 97 % du territoire et de 85 % de la population, le reste, autour de Papeete, relevant de la police nationale.
- Compagnie des îles du Vent : huit brigades territoriales sur Tahiti et Moorea, plus des unités spécialisées.
- Compagnie des Archipels : quinze unités réparties entre les îles Sous-le-Vent, les Marquises, les Australes, les Tuamotu et les Gambier.
- Unités spécialisées : section de recherches, brigade nautique de Papeete, antenne du GIGN.
- Escadron de gendarmerie mobile : en renfort, relevé tous les trois à quatre mois. C'est la façon la plus fréquente de découvrir la Polynésie avant d'y demander une affectation.
À ces effectifs s'ajoutent 72 gendarmes mobiles, 148 réservistes sous contrat et 194 réservistes volontaires. Une brigade d'atoll aux Tuamotu ou une brigade des Marquises n'a rien à voir avec une brigade de Tahiti : isolement, liaisons par avion ou par goélette, logement sur place, missions très polyvalentes. La carte des îles et communes où vivre aide à se représenter chaque affectation.

Les voies d'accès selon votre statut
| Statut | Ce qui s'applique |
|---|---|
| Gendarme adjoint volontaire | Affectation directe possible en Polynésie, notamment pour les jeunes recrutés sur place par le centre de recrutement de Papeete |
| Sous-officier (concours) | Formation initiale et première affectation en métropole avant toute demande outre-mer |
| Sous-officier en poste | Vœux outre-mer lors de la mobilité annuelle, sur poste vacant |
| Gendarme mobile | Déplacement de trois à quatre mois avec l'escadron, sans mutation |
Les Polynésiens qui veulent entrer en gendarmerie passent par le centre de recrutement de Papeete, qui organise aussi les préparations militaires et le recrutement des réservistes.
Le lien particulier avec le territoire (CIMM)
Le lien particulier, proche du centre des intérêts matériels et moraux, doit être reconnu par le ministre de l'Intérieur avant l'affectation. Il se prouve par des pièces : lieu de naissance, famille proche sur place, biens, résidence antérieure, scolarité. Son effet principal est la durée : six ans d'emblée au lieu de trois, jusqu'à onze ans au total.
Il ne crée pas de poste pour autant. La sénatrice Lana Tetuanui l'a dénoncé en octobre 2025 dans une question écrite sur la mobilité outre-mer (« le critère du CIMM n'est que foutaise »). La réponse de janvier 2026 rappelle que la mobilité des gendarmes doit concilier intérêts individuels et besoins opérationnels. Un Polynésien qui veut rentrer doit donc suivre les vacances de postes et rester mobile sur l'île d'affectation.
La solde en Polynésie : majorée, sans impôt sur le revenu, avec la CST
Les gendarmes sont des militaires. Leur solde n'est pas majorée par le décret de 1967 qui fixe les coefficients civils (1,84 et 2,08), mais par un mécanisme propre, la part indexée de la solde de base outre-mer, calculée comme chez les civils sur la solde après retenue pour pension. Le rapport parlementaire de 2007 sur les rémunérations outre-mer donnait un taux de 1,81 pour les militaires dans toute la Polynésie : vérifiez le coefficient actuel sur votre bulletin ou auprès de votre service de solde.
- Pas d'impôt sur le revenu, ni CSG ni CRDS, si votre foyer est en Polynésie. Selon la doctrine fiscale (série BOFiP RSA-GEO), les agents de l'État en poste dans une collectivité d'outre-mer ne relèvent pas du 2 de l'article 4 B du CGI : leur domicile fiscal suit le droit commun. Si la famille reste en métropole, la solde y devient imposable. En cas de doute, interrogez le service des impôts des non-résidents (contexte sur pas d'impôt sur le revenu).
- La CST, contribution de solidarité territoriale, est prélevée sur la solde, part majorée comprise, avec un barème progressif (9 % sur la tranche de 400 001 à 700 000 XPF).
- La sécurité sociale reste métropolitaine (CNMSS pour les militaires), la CPS servant les soins pour son compte : voir le tableau des profils de la page santé en Polynésie.
Les indemnités de mutation et d'installation des militaires suivent leurs propres textes, distincts de l'indemnité d'éloignement des civils. Demandez une simulation chiffrée à votre bureau solde avant de vous engager.
Logement, conjoint, enfants
Le gendarme est en principe logé par concession pour nécessité absolue de service, en caserne ou dans un logement pris à bail par la gendarmerie. C'est l'avantage le plus lourd du statut : à titre de comparaison, un F2 se loue 160 000 à 170 000 XPF par mois à Papeete hors électricité, d'après notre relevé sur la location à Tahiti.
Pour le conjoint, l'emploi est le point dur : la loi du pays de 2019 donne la priorité aux résidents de longue date sur une liste de métiers, ce qui ferme une partie des offres aux nouveaux arrivants (détails sur l'emploi à Tahiti). Pour les enfants, l'école suit les programmes nationaux, mais l'année scolaire polynésienne commence mi-août : voyez notre guide de la scolarisation en Polynésie avant de caler la date d'arrivée.
Préparer l'arrivée
- Passeport valide : tous les vols passent par les États-Unis ou le Canada, une ESTA est nécessaire en transit américain.
- Déménagement : le fret maritime met plusieurs semaines ; le guide du déménagement vers Tahiti détaille les délais et les pièges de douane.
- Voiture : indispensable hors Papeete. Importer la sienne coûte cher, acheter sur place aussi.
- Budget : même logé, la vie coûte plus cher qu'en métropole. Consultez le coût de la vie en Polynésie.
Les congés bonifiés, eux, ne concernent pas le gendarme métropolitain en séjour à Tahiti : ils visent les agents civils de l'État originaires de Polynésie et en poste en métropole (voir congés bonifiés et Polynésie).
Mutation gendarme en Polynésie : questions fréquentes
Combien de temps un gendarme reste-t-il en Polynésie ?
Trois ans pour un sous-officier, selon l'arrêté du 9 août 2024. La durée peut être prolongée par périodes d'un an au plus, sans dépasser sept ans au total. Avec un lien particulier reconnu avec le territoire, le séjour initial est de six ans et peut atteindre onze ans.
Comment demander une mutation en Polynésie quand on est gendarme ?
Par les vœux d'outre-mer dans le cadre de la mobilité annuelle, sur poste vacant. Un sous-officier issu du concours doit d'abord accomplir sa formation et sa première affectation en métropole. Un gendarme adjoint volontaire peut, lui, être affecté directement en Polynésie, notamment s'il y a été recruté.
Quelle est la situation de la gendarmerie en Polynésie française ?
Le Commandement de la gendarmerie pour la Polynésie française (COMGEND) compte 427 militaires et civils permanents, appuyés par un escadron de gendarmerie mobile et plus de 300 réservistes. Il couvre 97 % du territoire et 85 % de la population, avec deux compagnies : îles du Vent (huit brigades territoriales) et Archipels (quinze unités).
Le salaire d'un gendarme est-il majoré en Polynésie ?
Oui, mais selon un mécanisme propre aux militaires, la part indexée de la solde de base outre-mer, calculée sur la solde après retenue pour pension. Le coefficient civil de 1,84 ou 2,08 ne s'applique pas tel quel. Installé en Polynésie avec sa famille, le gendarme ne paie pas d'impôt sur le revenu, ni local ni en France, mais acquitte la CST sur sa solde.
Le gendarme est-il logé en Polynésie ?
Oui en règle générale : le logement est concédé par nécessité absolue de service, en caserne ou en logement pris à bail par la gendarmerie. Dans un territoire où un F2 se loue 160 000 à 170 000 XPF par mois à Papeete, c'est l'avantage financier le plus lourd du statut.
Le critère du CIMM favorise-t-il vraiment les gendarmes polynésiens ?
Il allonge nettement le séjour (jusqu'à onze ans), mais il ne crée pas de poste. Les élus polynésiens le jugent insuffisant : en octobre 2025, la sénatrice Lana Tetuanui l'a publiquement qualifié de « foutaise ». Le ministère a répondu en janvier 2026 que la mobilité doit concilier intérêts individuels et besoins du service.