Polynésie française : lagon et bateau

Créer une société en Polynésie française

Créer une entreprise en Polynésie française suit une logique proche de la métropole, mais avec ses propres règles : statut de collectivité d'outre-mer, fiscalité locale, organismes spécifiques. Que vous visiez une petite activité sous patente ou une SARL avec salariés, voici les statuts, les étapes d'immatriculation, la fiscalité et les aides à connaître avant de vous lancer au fenua.

Entreprendre en Polynésie : ce qui change

La Polynésie française est une collectivité d'outre-mer autonome : elle a sa propre fiscalité (IBS, TVA locale, patente) et ses propres organismes. Les formes juridiques ressemblent à celles de la métropole, mais les démarches passent par des guichets locaux, et certaines notions diffèrent. Point important : le statut d'auto-entrepreneur tel qu'il existe en métropole ne s'applique pas ici. L'équivalent pour démarrer simplement, c'est l'entreprise individuelle sous patente.

Choisir son statut

Les principales formes pour entreprendre en Polynésie :

  • Entreprise individuelle (patente) : la forme la plus simple, en nom propre. Idéale pour une petite activité à faible risque, sans gros investissement. C'est ce qu'on appelle couramment « être à la patente ».
  • EURL : société à associé unique, qui protège le patrimoine personnel et structure l'activité.
  • SARL : la forme la plus répandue pour les PME polynésiennes, à plusieurs associés, responsabilité limitée aux apports.
  • SA : réservée aux projets plus capitalistiques, avec un capital et une gouvernance plus lourds.

Le choix dépend de votre activité, du nombre d'associés, de votre besoin de protection patrimoniale et de votre projection de chiffre d'affaires. C'est une décision à arbitrer avec un professionnel local.

Les étapes d'immatriculation

En Polynésie, le centre de formalités est unique : c'est le CDFE (Centre de développement et de formalités des entreprises) de la CCISM (Chambre de commerce, d'industrie, des services et des métiers). Le parcours type :

  • Choisir le statut et, pour une société, rédiger les statuts et réunir le capital.
  • S'inscrire à la contribution des patentes au CDFE de la CCISM (déclaration à effectuer dans les 3 mois du début d'activité ; formalité guichet de l'ordre de 5 000 XPF).
  • Obtenir le numéro T.A.H.I.T.I. attribué par l'ISPF (Institut de la statistique), qui identifie l'entreprise.
  • Immatriculer la société au registre du commerce et des sociétés (RCS) du tribunal mixte de commerce de Papeete, avec publication légale.
  • S'affilier à la CPS (régime des indépendants pour le dirigeant, régime salarié pour vos employés).

La fiscalité de l'entreprise

Une fois créée, l'entreprise entre dans la fiscalité polynésienne, distincte de la métropole :

  • IBS : l'impôt sur les bénéfices des sociétés frappe les résultats. Les taux et la contribution supplémentaire (CSIS) sont détaillés sur notre page IBS / impôt sur les sociétés.
  • TVA locale : à collecter sur vos ventes selon votre régime, avec des taux propres à la Polynésie (voir TVA et droits de douane).
  • Contribution des patentes : taxe annuelle liée à l'exercice de l'activité.
  • Cotisations CPS : pour le dirigeant et les salariés (voir nos cotisations CPS).

La comptabilité suit des formulaires polynésiens spécifiques : un expert-comptable local est un allié précieux la première année pour éviter les erreurs de procédure.

Aides et défiscalisation

Plusieurs leviers existent pour financer et sécuriser un lancement :

  • CCISM : accompagnement, formalités et information des porteurs de projet.
  • SOFIDEP : financements, prêts et garanties dédiés aux entreprises polynésiennes, ainsi que le microcrédit pour les plus petits projets.
  • Dispositifs d'aide de la Polynésie française : soutiens à la création et à l'investissement selon les secteurs.
  • Défiscalisation Girardin : pour les investisseurs, elle peut financer une partie de l'investissement productif local. Voir notre page Girardin industriel.

Nos conseils avant de se lancer

Entreprendre au fenua, c'est composer avec un marché étroit, l'insularité et un coût d'importation élevé (le fret pèse sur les marges). Quelques réflexes utiles :

  • Faire une vraie étude de marché local : la demande polynésienne n'est pas la demande métropolitaine.
  • Se faire accompagner (CCISM, SOFIDEP, expert-comptable) dès le montage.
  • Anticiper la trésorerie et les délais administratifs, souvent plus longs qu'en métropole.
  • Veiller à une substance réelle : une société polynésienne sans activité ni présence effective n'a pas de sens fiscalement.

Bien préparé, le cadre polynésien est attractif. Pour situer votre projet dans l'ensemble de la fiscalité locale, repartez du guide fiscalité en Polynésie.

Contenu informatif, à jour des règles connues en 2026. Il ne s'agit pas d'un conseil juridique ou fiscal. Les statuts, démarches et règles fiscales évoluent et s'apprécient selon votre projet : rapprochez-vous de la CCISM, de la DICP et d'un professionnel (expert-comptable, conseil juridique) avant de créer votre entreprise.

Créer une société en Polynésie : questions fréquentes

Comment créer une société en Polynésie française ?

On choisit un statut (entreprise individuelle/patente, EURL, SARL, SA), on rédige les statuts pour une société, puis on s'inscrit à la contribution des patentes au CDFE de la CCISM (le centre de formalités unique). L'ISPF attribue un numéro T.A.H.I.T.I. qui identifie l'entreprise, et les sociétés sont immatriculées au registre du commerce et des sociétés du tribunal mixte de commerce de Papeete.

Quels impôts pour une entreprise en Polynésie ?

Une société paie l'impôt sur les bénéfices des sociétés (IBS) sur ses résultats, collecte la TVA locale, et acquitte la contribution des patentes (taxe annuelle liée à l'activité). Le gérant relève des cotisations sociales CPS. Le détail des taux figure sur nos pages dédiées à l'IBS et à la TVA.

Existe-t-il des aides à la création d'entreprise ?

Oui : accompagnement et formalités via la CCISM, financements et garanties via la SOFIDEP, microcrédit, et dispositifs d'aide de la Polynésie française. Pour les investisseurs, la défiscalisation Girardin peut financer une partie de l'investissement productif.