
Impôts en Polynésie vs métropole : ce qui reste du même salaire
Comparer les impôts en Polynésie et en métropole, c'est comparer deux logiques. À Tahiti, pas d'impôt sur le revenu, mais une CST retenue sur la paie et des cotisations CPS. En métropole, des cotisations plus lourdes et un impôt progressif. Plutôt que d'opposer des taux, on a fait le calcul pour trois salaires, avec les barèmes 2026 des deux côtés.
Trois salaires, deux systèmes : combien il vous reste
Hypothèses : salarié célibataire sans enfant, même salaire brut converti au taux fixe (1 € = 119,33 XPF), aucun autre revenu. En Polynésie, la part salariale CPS et la CST, qui tient lieu d'impôt sur le revenu. En métropole, 22 % de cotisations CSG-CRDS comprises, puis l'impôt sur le revenu au barème 2026.
| Brut mensuel | Tahiti : CPS + CST | Net Tahiti | Métropole : cotisations + IR | Net métropole | Écart |
|---|---|---|---|---|---|
| 250 000 XPF (2 095 €) | 32 050 + 3 750 XPF (14,3 %) | 1 795 € | 461 + 14 € (22,7 %) | 1 620 € | +175 € |
| 450 000 XPF (3 771 €) | 54 016 + 15 750 XPF (15,5 %) | 3 186 € | 830 + 249 € (28,6 %) | 2 693 € | +493 € |
| 900 000 XPF (7 542 €) | 80 783 + 60 250 XPF (15,7 %) | 6 360 € | 1 659 + 1 072 € (36,2 %) | 4 811 € | +1 549 € |
L'écart grandit avec le salaire, parce que l'impôt français grimpe plus vite que la CST : à 250 000 XPF, un célibataire paie presque rien d'impôt sur le revenu en métropole grâce à la décote, et l'avantage polynésien vient surtout de cotisations plus légères (12,8 % contre 22 %). À 900 000 XPF, c'est l'impôt sur le revenu, à 30 % marginal, qui fait la différence : plus de 1 500 € par mois.
Le détail de la CPS, branche par branche, est sur la page cotisations CPS et coût employeur. Retenez que la part salariale n'est pas de 18,63 %, chiffre qui circule partout : la tranche B de la retraite ne s'applique qu'entre 269 000 et 525 000 XPF, ce qui plafonne la retenue à 12,8 % du brut.
Simulez votre salaire
Entrez votre brut mensuel en XPF (une offre d'emploi locale l'affiche ainsi) et choisissez votre situation. Le comparateur applique les mêmes hypothèses que le tableau.
Comparateur : le même brut à Tahiti et en métropole
Salaire brut mensuel en XPF, converti au taux fixe. Ce qui part en cotisations et en impôt de chaque côté, et ce qui reste.
- CPS salarié : 54 016 XPF (12,0 %)
- CST retenue à la source : 15 750 XPF (3,5 %)
- Impôt sur le revenu : aucun
- Cotisations et CSG-CRDS : 830 € (22 %)
- Impôt sur le revenu : 249 € par mois (1 part)
- Net imposable annuel : 36 586 €
Estimation, pas un calcul d'impôt. Métropole : 22 % de cotisations (salarié du privé non cadre), barème 2026 sur les revenus 2025 avec abattement de 10 % et décote, sans réductions ni crédits d'impôt. Polynésie : barème CPS du 1er janvier 2026 et barème CST de la DICP. Parité fixe : 1 € = 119,33 XPF.
Couple et enfants : le quotient familial change la donne
La CST ignore la famille : elle frappe chaque salaire séparément. L'impôt français, lui, divise le revenu du foyer par un nombre de parts. Un couple marié ou pacsé où un seul travaille dispose de deux parts, et son impôt fond. Basculez le simulateur sur « couple, un seul salaire » : à 450 000 XPF, l'impôt métropolitain tombe de 249 € à 6 € par mois, et l'écart avec Tahiti passe de 493 € à environ 250 €.
Chaque enfant ajoute en métropole une demi-part, dans la limite d'un plafond. En Polynésie, rien : les enfants ne réduisent pas la CST. À l'inverse, un couple à deux salaires proches ne gagne presque rien au quotient en métropole, et c'est lui qui profite le plus de l'installation au fenua. Les familles ont aussi à budgéter l'école : voir notre page sur la scolarisation en Polynésie.
Tous les prélèvements, côte à côte
| Prélèvement | Métropole | Polynésie française |
|---|---|---|
| Impôt sur le revenu | Barème de 0 à 45 %, quotient familial | Aucun |
| Prélèvement sur le salaire | CSG-CRDS 9,7 % sur 98,25 % du brut | CST de 0,5 à 28 % par tranches, individuelle |
| Cotisations sociales salarié | ≈ 22 % avec la CSG-CRDS (privé non cadre) | 12,8 % au plus (CPS) |
| Impôt sur les sociétés | 25 % | 25 %, 20 % ou 15 % selon le bénéfice, + CSIS au-delà de 50 M XPF |
| TVA | 20 % (réduits 10, 5,5 et 2,1 %) | 16 % (réduits 13 et 5 %, 1 % dans certains archipels) |
| Droits de douane | Aucun sur les produits de l'UE | Droits et taxes d'entrée sur la plupart des importations |
| Impôt sur la fortune immobilière | Au-delà de 1,3 M€ de patrimoine | Aucun (sauf IFI français sur un bien en France) |
| Logement | Taxe foncière | Impôt foncier : 10 % de la valeur locative abattue de 25 % |
Pour un créateur d'entreprise, la comparaison se fait sur d'autres lignes : impôt sur les transactions, patente, régime TPE, impôt sur les sociétés. Elles sont chiffrées dans nos pages créer une entreprise en Polynésie et impôt sur les sociétés en Polynésie.

Ce que le calcul ne montre pas : la consommation
Un euro gardé sur la fiche de paie n'achète pas la même chose à Papeete et à Lyon. Le Pays se finance d'abord sur la consommation :
- La TVA à 16 % au taux normal, 13 % et 5 % aux taux réduits, et 1 % pour certains produits dans les archipels éloignés (détail sur notre page TVA et droits de douane).
- Les droits et taxes d'entrée sur les importations, qui se retrouvent dans le prix de l'alimentation, des voitures, de l'électroménager.
- Le logement et l'énergie : un T2 correct à Papeete ou Punaauia se loue autour de 100 000 à 135 000 XPF, sans l'électricité (voir notre relevé des loyers à Tahiti).
Le bon réflexe : prenez l'écart mensuel du simulateur et comparez-le à votre budget réel sur place, poste par poste, avec notre page coût de la vie en Polynésie. Pour un salaire moyen, le gain fiscal couvre en général une partie du surcoût, rarement tout.
Retraités et revenus de France : l'autre calcul
Le comparatif ci-dessus vaut pour un revenu gagné en Polynésie. Tout ce qui vient de France suit d'autres règles, parce que le fisc français considère la Polynésie comme « hors de France » et continue d'imposer les revenus de source française. Une pension versée par une caisse métropolitaine est ainsi imposée deux fois : retenue à la source en France après un abattement de 40 %, et CST en Polynésie. Pour une pension de 2 500 € brut par mois, cela représente environ 620 € par an au total, soit 2,1 % ; pour 4 000 €, près de 2 900 € par an.
Les loyers d'un appartement gardé en France restent imposés en France, avec les prélèvements sociaux. Le simulateur de pension et le tableau « qui impose quoi » sont sur la page convention fiscale France-Polynésie, et le projet de vie sur prendre sa retraite à Tahiti.
Verdict : pour qui la Polynésie est fiscalement avantageuse
- Salariés et cadres célibataires, couples à deux revenus : les grands gagnants, avec 500 à 1 500 € de plus par mois entre 450 000 et 900 000 XPF brut.
- Petits salaires : environ 175 € de plus par mois à 250 000 XPF, grâce à la CPS plus légère ; la vie chère peut l'absorber entièrement.
- Familles à un seul revenu : l'écart se réduit de moitié ou plus, le quotient familial n'ayant pas d'équivalent.
- Retraités d'une caisse française : une taxation modérée mais double, à calculer pension par pension.
- Fonctionnaires d'État mutés : le traitement indexé change l'équation, voir notre page sursalaire et indexation.
Avant de vous décider, vérifiez aussi que vous deviendrez bien résident polynésien aux yeux du fisc français : les critères et les formulaires de l'année du départ sont sur notre page résidence fiscale en Polynésie.
Impôts en Polynésie vs métropole : questions fréquentes
Paie-t-on moins d'impôts en Polynésie qu'en métropole ?
Sur un salaire, oui. Pour un célibataire à 450 000 XPF brut par mois (3 771 €), les retenues CPS et CST prennent 15,5 % du brut à Tahiti, contre 28,6 % de cotisations et d'impôt sur le revenu en métropole : environ 490 € de plus par mois. L'écart se réduit ensuite à la caisse, avec la TVA, les droits d'entrée et le coût de la vie.
Un salaire est-il plus élevé à Tahiti qu'en métropole ?
Le SMIG polynésien est de 173 182 XPF brut par mois pour 169 heures, soit environ 1 451 €, pour 39 heures par semaine. Les fonctionnaires d'État mutés touchent un traitement indexé. À brut égal, le net est plus élevé en Polynésie, parce que l'impôt sur le revenu n'existe pas et que la part salariale CPS est plus faible.
La Polynésie est-elle un paradis fiscal ?
Non. Elle ne figure sur aucune liste de juridictions non coopératives, elle échange des renseignements avec l'État en vertu d'un accord d'assistance administrative de 2009, et elle prélève une vraie fiscalité : CST, TVA, droits d'entrée, patente, impôt sur les sociétés. Elle taxe peu le revenu et beaucoup la consommation.
Pour qui l'avantage fiscal est-il le plus net ?
Pour les salariés célibataires ou les couples à deux revenus proches, à partir d'environ 400 000 XPF brut par mois : l'écart atteint alors 400 € mensuels et dépasse 1 500 € à 900 000 XPF. Il est plus faible pour un petit salaire, qui paie peu d'impôt en métropole, et pour une famille avec un seul revenu, qui perd le quotient familial.
Un retraité paie-t-il moins d'impôts à Tahiti ?
Souvent, mais pas zéro. Une pension versée par une caisse française reste imposable en France, avec une retenue à la source après un abattement de 40 %, et supporte en plus la CST en Polynésie. Pour 2 500 € brut par mois, les deux prélèvements font environ 620 € par an. Le calcul pension par pension est sur notre page convention fiscale.