
Ua Pou et Fatu Hiva : les Marquises spectaculaires
Ua Pou et Fatu Hiva comptent parmi les îles les plus spectaculaires et les plus confidentielles des Marquises. La première dresse ses pics de basalte vers le ciel, la seconde abrite la mythique baie des Vierges et l'art du tapa. Deux joyaux sauvages à découvrir, où la nature et la culture marquisienne sont à leur apogée. Voici le guide de ces deux îles : accès, hébergement et budget compris.
Deux îles parmi les plus belles des Marquises
Loin des circuits classiques, Ua Pou (groupe nord) et Fatu Hiva (groupe sud, l'île la plus reculée) offrent une nature à l'état pur et un patrimoine intense. On y vient pour les paysages à couper le souffle, l'artisanat réputé et l'authenticité d'une vie marquisienne préservée. Deux étapes inoubliables, souvent reliées par la croisière Aranui ou par avion et bateau.
Ua Pou et ses pics basaltiques
Ua Pou est immédiatement reconnaissable à ses pics de basalte (des dômes phonolitiques) qui s'élancent vers le ciel et percent souvent les nuages : une silhouette unique au monde. La vie s'organise autour du village de Hakahau, où se trouvent l'aérodrome, le port et l'essentiel des commerces. L'île est aussi le seul endroit où l'on trouve les pierres fleuries (galets de phonolite aux motifs de fleurs, taillés en bijoux par les artisans locaux), et un haut lieu de la culture marquisienne : Ua Pou accueille régulièrement le festival des arts, vibrant de danses, chants et sculptures. En dehors de Hakahau, l'île se découvre par une poignée de vallées reculées, accessibles par une route de crête récemment améliorée mais encore sinueuse, ou par bonitier pour les hameaux les plus isolés de la côte.

Fatu Hiva et la baie des Vierges
Fatu Hiva est l'île la plus méridionale, la plus reculée et la plus luxuriante des Marquises. Ses deux villages, Omoa et Hanavave, sont reliés par une randonnée mythique à travers des paysages grandioses. C'est à Hanavave que se trouve la célèbre baie des Vierges (Baie d'Hanavave, longtemps francisée en « baie des Verges » avant que les missionnaires n'y ajoutent un « i »), l'une des plus belles du monde : un cirque de pitons rocheux qui plongent dans une eau profonde, à admirer de préférence en fin de journée depuis un bateau. C'est ici que l'explorateur norvégien Thor Heyerdahl vécut son célèbre « retour à la nature » en 1937-1938, avant de concevoir l'expédition du Kon-Tiki.
Le tapa, l'artisanat emblématique de Fatu Hiva
Fatu Hiva, et en particulier le village d'Omoa, est le centre de production du tapa aux Marquises. Cette étoffe végétale est obtenue en battant, à l'aide d'un maillet en bois, l'écorce interne du mûrier à papier (le meilleur tapa), du banian ou de l'arbre à pain, jusqu'à obtenir une fine toile beige. Les artisanes la décorent ensuite de motifs traditionnels peints au pinceau végétal : tiki, tortues, motifs géométriques. On peut voir des femmes du village en fabriquer devant leur maison et en acheter directement sur place, une pièce unique, souvent moins chère qu'au marché de Papeete. L'île produit aussi un monoï parfumé réputé, à base de fleurs cueillies sur place. Tahiti Tourisme classe Fatu Hiva parmi les îles les plus authentiques de Polynésie.
La traversée d'Omoa à Hanavave
C'est la randonnée la plus connue des Marquises, et elle relie les deux seuls villages de Fatu Hiva. Comptez environ 15 à 17 kilomètres et 4 à 5 heures de marche, avec une montée franche jusqu'à la crête puis une longue descente sur la baie des Vierges. On la fait traditionnellement d'Omoa vers Hanavave : la vue s'ouvre alors d'un coup sur les pitons, en fin de parcours.
Deux conseils que les guides répètent : partir tôt, parce qu'il n'y a aucune ombre sur la crête, et emporter beaucoup plus d'eau qu'on ne le pense, faute de point de ravitaillement entre les deux villages. Beaucoup de voyageurs organisent un retour en bateau (à négocier auprès des pêcheurs locaux) plutôt que de refaire le chemin à pied. Bonnes chaussures de marche, crème solaire et au moins deux litres d'eau par personne sont le minimum : il n'y a ni ombre ni ravitaillement sur près de quatre heures de crête.
Ua Pou et Fatu Hiva : deux logiques d'accès opposées
C'est la différence qui structure tout un itinéraire marquisien : Ua Pou a une piste d'atterrissage, Fatu Hiva n'en a pas et n'en aura pas, faute de terrain plat. Cela change la façon de construire son séjour.
| Critère | Ua Pou | Fatu Hiva |
|---|---|---|
| Aéroport | oui, à 11 km de Hakahau | aucun, l'île n'a pas de piste |
| Depuis Papeete | vol Air Tahiti, environ 3 h 30, souvent via Nuku Hiva | impossible directement |
| Depuis Hiva Oa | vol intérieur | bateau, environ 4 à 5 h de mer |
| Liaison maritime | bonitiers et goélette | Te Ata O Hiva, deux rotations par semaine depuis Atuona |
| Escale Aranui | oui | oui |
| Le risque | vol reporté si météo | traversée annulée si houle |
Conséquence pratique : Fatu Hiva ne se visite pas à la journée. Soit vous y dormez au moins deux nuits en calant vos dates sur les rotations du bateau depuis Hiva Oa, soit vous la voyez en escale de croisière. Il n'y a pas de troisième voie.
Comment venir
Ua Pou dispose d'un aérodrome desservi par Air Tahiti depuis Tahiti-Faa'a (horaires sur le site d'Air Tahiti), un vol d'environ 3 h 30 (souvent avec une escale à Nuku Hiva ou Hiva Oa). Fatu Hiva, elle, n'a pas d'aéroport : on y accède uniquement par la mer, en bateau depuis Hiva Oa (la traversée peut être houleuse) ou à bord de la croisière Aranui (détails sur le site de l'armateur), qui fait escale sur les deux îles. C'est d'ailleurs souvent en croisière que les voyageurs découvrent ces deux joyaux. Voyez comment aller en Polynésie et la croisière Aranui.
Où dormir
Sur ces deux îles, l'hébergement se limite à des pensions de famille : à Hakahau pour Ua Pou, à Omoa et parfois Hanavave pour Fatu Hiva. Chaleureuses et tenues par des familles marquisiennes, elles fonctionnent souvent en demi-pension ou en pension complète faute de restaurant à proximité : les repas se prennent avec la famille qui vous héberge, poisson cru, fruits du jardin et pain maison compris. Pas de resort ni de chaîne hôtelière : c'est l'essence même de ces destinations confidentielles. Les places sont rares, une poignée de chambres par village : réservez longtemps à l'avance, en particulier autour des dates de passage de l'Aranui, qui remplit d'un coup le peu de disponibilités. À Fatu Hiva, la réservation se fait encore souvent par téléphone plutôt qu'en ligne : mieux vaut s'y prendre plusieurs mois avant un départ en saison.
Hotels.comPensions de Ua Pou et Fatu Hiva
Aucun hôtel sur ces deux îles : que des pensions de famille, en pension complète, à réserver longtemps à l'avance.
- Pension à Hakahaudès 9 500 XPF/nuitUa Pou, demi-pension
- Pension à Omoadès 12 000 XPF/nuitFatu Hiva, pension complète
- Chambre chez l'habitantdès 9 000 XPF/nuitHanavave
Ordres de grandeur indicatifs par nuit et par personne, à confirmer sur vos dates. Lien partenaire : commission possible, sans surcoût pour vous.
Faut-il passer par l'Aranui ?
Pour ces deux îles, la question mérite d'être posée honnêtement. Le cargo mixte Aranui 5 fait escale à Ua Pou et à Fatu Hiva sur son circuit, qui dure 12 jours en 2026 et passe à 13 jours en 2027 : l'itinéraire 2027 modifie le programme et retire l'escale de Tahuata. La croisière règle d'un coup le problème des rotations de bateau et des vols intérieurs. En contrepartie, l'escale dure quelques heures : on voit la baie des Vierges depuis le pont, on ne traverse pas l'île à pied.
L'arbitrage se résume ainsi : la croisière pour voir beaucoup d'îles sans logistique, l'avion et les pensions pour en vivre une vraiment, à son rythme. Le détail des formules et des tarifs est sur notre page croisière en Polynésie, et la vue d'ensemble de l'archipel sur voyage aux Marquises.
Décalage horaire et budget
Les Marquises sont à UTC-9 h 30, une demi-heure d'avance sur Tahiti et Papeete (UTC-10) : le seul endroit du territoire avec un décalage à la demi-heure, à régler dès la descente d'avion ou de bateau.
Le budget grimpe vite sur ces deux îles, plus encore que sur le reste des Marquises : l'épicerie et le carburant arrivent par bateau, la pension complète est quasiment obligatoire faute de restaurant, et la traversée pour Fatu Hiva (ou le vol pour Ua Pou) s'ajoute au billet Papeete-Hiva Oa ou Papeete-Nuku Hiva. Comptez sur des nuitées en pension complète plus chères qu'à Tahiti, et prévoyez une marge pour les imprévus météo qui peuvent repousser un vol ou une traversée de plusieurs jours. Les ordres de grandeur du budget archipel sont détaillés sur voyage aux Marquises.
Ua Pou et Fatu Hiva : questions fréquentes
Qu'est-ce que la baie des Vierges ?
C'est la baie de Hanavave, à Fatu Hiva, considérée comme l'une des plus belles baies du monde : un cirque de pitons rocheux spectaculaires plongeant dans une eau profonde. Le coucher de soleil y est inoubliable, surtout vu depuis la mer.
Pourquoi Ua Pou est-elle célèbre ?
Pour ses pics basaltiques vertigineux qui percent souvent les nuages, signature unique de l'île, et pour sa vitalité culturelle (festival des arts marquisiens). Ua Pou est aussi le seul endroit où l'on trouve les fameuses pierres fleuries.
Comment aller à Fatu Hiva ?
Fatu Hiva n'a pas d'aéroport et n'en aura pas, faute de terrain plat : on y accède uniquement par la mer. La liaison régulière part d'Atuona, à Hiva Oa, avec deux rotations par semaine et environ quatre à cinq heures de traversée, souvent agitée. L'autre option est l'escale de la croisière Aranui. Ua Pou, elle, dispose d'un aérodrome desservi par Air Tahiti, à environ 3 h 30 de vol depuis Papeete.
Combien de temps dure la randonnée d'Omoa à Hanavave ?
Entre 4 et 5 heures pour 15 à 17 kilomètres, avec une montée soutenue jusqu'à la crête puis la descente sur la baie des Vierges. On la fait dans ce sens pour découvrir les pitons d'un seul coup en fin de parcours. Aucune ombre sur la crête et aucun point d'eau entre les deux villages : partez tôt et chargez le sac.
Peut-on visiter Fatu Hiva à la journée ?
Non. Les rotations du bateau depuis Hiva Oa ne le permettent pas : il faut y dormir au moins deux nuits en calant ses dates sur les départs, ou voir l'île en escale de croisière. C'est ce qui en fait l'une des îles les moins fréquentées de Polynésie.
Qu'est-ce que le tapa fabriqué à Fatu Hiva ?
Le tapa est une étoffe végétale obtenue en battant l'écorce interne du mûrier à papier, du banian ou de l'arbre à pain, puis décorée de motifs peints à la main. Fatu Hiva en est le principal centre de production des Marquises : on peut voir les artisanes le fabriquer à Omoa et l'acheter directement sur place, moins cher qu'à Papeete.